ARTICLES / ÉTIQUETTE
Le salut :
le geste et le sens.
Debout, à genoux, mains au sol ou frappes de mains : comment s’y retrouver au dojo ?
Par Thierry Minkowski · Publié le 25 octobre 2026 · Guide pédagogique avec sources
Le salut marque une rencontre, une attention et un remerciement. Il prépare une pratique partagée. Sa sincérité compte autant que sa forme : il ne s’agit ni de se précipiter ni de chercher le geste le plus spectaculaire.
Voici des repères, pas un protocole universel. Dans votre dojo, demandez une démonstration à l’enseignant : elle précise l’ordre des gestes, le rythme et les éventuelles adaptations. Les différences ne se résument pas à « japonais » contre « français ».
1. Le salut debout : ritsurei
Il est fréquent à l’entrée et à la sortie du dojo, et parfois au bord du tatami ou entre partenaires. Certains clubs demandent un salut à genoux pour entrer sur le tapis : observez leur usage.
- Arrêtez-vous, tournez-vous vers la personne ou la direction à saluer, et trouvez une posture stable.
- Laissez les mains près des cuisses. Les pieds et le placement précis des mains suivent l’usage enseigné.
- Inclinez le buste depuis les hanches, avec le dos et la nuque dans un prolongement naturel. Ne donnez pas seulement un petit coup de tête.
- Marquez brièvement le salut, puis redressez-vous calmement.
Le regard accompagne l’inclinaison sans raideur. Ne forcez ni l’angle ni la profondeur : on ne peut pas imposer un nombre de degrés valable dans toutes les écoles. Un salut n’exige pas de joindre les paumes.
2. Le salut à genoux : zarei
Il se pratique généralement depuis seiza, assis sur les talons, le buste redressé et les mains sur les cuisses. Il est courant lors du salut collectif de début et de fin de cours.
- Installez-vous sans tomber sur les genoux ; faites-vous montrer la descente et la remontée.
- Posez les mains devant vous, paumes vers le tatami. Dans une forme courante, les doigts s’orientent vers l’intérieur et les mains dessinent un espace triangulaire.
- Inclinez le buste en gardant un mouvement posé. Il n’est pas nécessaire d’écraser le visage contre le sol.
- Revenez à la verticale et replacez les mains sur les cuisses selon l’ordre indiqué.
Quelle main d’abord ? Des dojos enseignent main gauche puis main droite au sol, et droite puis gauche au retour. D’autres demandent une pose simultanée. La largeur des genoux, les pieds et l’écartement des mains varient également. L’exemple du club Kokoroka Kai décrit une pose gauche puis droite ; ce n’est pas une obligation commune à tout l’aïkido.
Pour une difficulté à rester à genoux, convenez d’une adaptation avec l’enseignant : salut debout, assise adaptée ou autre geste respectueux. Ne cherchez pas à supporter une douleur pour « bien saluer ».
3. Les mains : quatre situations à distinguer
Les mains posées au sol
Elles accompagnent l’inclinaison du salut à genoux. Les paumes regardent le tatami : elles ne sont pas jointes verticalement devant la poitrine.
Les frappes de mains de la cérémonie
Certains dojos en incluent dans le salut au shōmen ; d’autres n’en font pas. Baltimore Aikido décrit deux frappes entre deux inclinaisons, tandis que le Shugyo Dojo de l’Aikido Center décrit un autre enchaînement avec quatre frappes. Le nombre et l’ordre se demandent sur place.
Les paumes jointes : gasshō
Joindre les paumes devant la poitrine est un geste distinct de l’inclinaison ordinaire. Il peut appartenir à certains rituels ou traditions ; il ne constitue pas une étape obligatoire du salut en aïkido. Ne l’ajoutez pas automatiquement.
Les frappes qui donnent un signal
L’enseignant peut frapper dans ses mains pour réunir le groupe ou arrêter un exercice : il s’agit alors d’une consigne. Pendant une immobilisation, uke peut aussi taper pour signaler l’arrêt. Tori doit relâcher immédiatement : ce signal n’est pas un salut.
Les frappes cérémonielles peuvent recevoir une interprétation propre à une tradition. Il serait trompeur de leur attribuer une seule signification valable partout, ou de les réduire à des applaudissements. Demandez le sens transmis dans votre dojo.
Dans de nombreux clubs, le salut est expliqué comme une marque de respect culturelle et martiale. Certaines formes cérémonielles ont aussi un contexte spirituel ou religieux : les gestes et leur interprétation doivent être expliqués, sans supposer que tous les pratiquants partagent une croyance.
4. Qui saluer, et quand ?
- En entrant et en sortant
- Marquez un arrêt et saluez dans la direction indiquée. Le shōmen est l’avant du dojo ; le kamiza est sa place d’honneur. Ils sont souvent situés du même côté, sans être des mots strictement interchangeables.
- Au début du cours
- Rejoignez l’alignement. Le professeur conduit habituellement un salut vers l’avant, puis un salut entre enseignant et élèves. Le détail du rituel dépend du dojo.
- Avec un partenaire
- Saluez avant de travailler ensemble et pour remercier à la fin. Adaptez votre position au contexte, à l’espace disponible et aux consignes.
- Après une explication
- Un salut peut remercier le professeur ou le partenaire de démonstration. Restez attentif au déroulement du cours.
- En retard ou pour sortir
- Attendez le signal d’accueil de l’enseignant sans traverser le cours. Pour sortir pendant la séance, prévenez selon les règles du dojo ; le salut accompagne cette démarche.
- Avec une arme
- Demandez le protocole propre au bokken, au jō ou au tantō. Position, orientation et passage d’une main à l’autre ne s’improvisent pas ; évitez de pointer une arme vers quelqu’un.
5. Les paroles qui accompagnent le geste
Onegai shimasu s’emploie souvent au début du cours ou du travail avec un partenaire : une demande courtoise que l’on peut comprendre, dans ce contexte, comme « pratiquons ensemble, s’il vous plaît ».
Arigatō gozaimashita remercie à la fin pour la pratique qui vient d’avoir lieu. Arigatō gozaimasu est également une formule de remerciement polie. Suivez la formule et le rythme transmis au dojo, sans transformer le salut en récitation mécanique.
La bonne question à poser
« Pourriez-vous me montrer le salut de notre dojo, y compris les mains, les frappes éventuelles et l’entrée sur le tatami ? » Une démonstration lente lève souvent toutes les hésitations.
Sources et variantes à consulter
Sources consultées le 25 octobre 2026. Les textes de clubs décrivent leurs propres usages ; ils servent ici à montrer les différences.
- FFAAA · Reishiki : cadre du cours et salut (PDF)
- Boulder Aikikai · salut debout et entrée sur le tapis (anglais)
- Kokoroka Kai · description du salut assis (anglais)
- Baltimore Aikido · cérémonie avec deux frappes (anglais)
- Aikido Center / Shugyo Dojo · cérémonie avec quatre frappes (PDF anglais)
- Boston Aikikai · sens culturel du salut dans ce dojo (anglais)
